Burn-out parental, l’apprivoiser pour mieux le gérer

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18 mois qu’il est arrivé sans prévenir… mon burn-out… Dans la façon de le dire, on dirait presque que je m’y suis attachée, et c’est un peu le cas. Il est désormais une partie de moi, de mon histoire et plutôt que de tenter à tout prix de le chasser, j’ai fait le choix de le comprendre pour pouvoir le dompter.  Cela m’a pris du temps,  (et une rechute) mais  j’ai  enfin compris comment j’en étais arrivée là et comment en sortir.  Aujourd’hui, l’envie d’en parler est arrivée pour peut-être aider d’autres parents dans mon cas.

Les prémices du burn-out  : une infiltration en douceur

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte de Mister 3, seule devant le petit bâtonnet affichant les deux barres bleues, je me suis mise à rire et pleurer à la fois. Surprise par la nouvelle, (car on ne l’espérait plus) j’étais à la fois heureuse et paniquée. Un bébé ? A 37 ans ? avec des grandes de 10 et 7 ans ? Quelle folie, quel changement… Mais également quel joli cadeau : vivre encore une fois une grossesse, une naissance. La joie et l’excitation du reste de la famille à cette annonce m’ont poussée à faire abstraction de toutes mes craintes. Réjouissons-nous et pour le reste, on verra plus tard. Le burn-out avait trouvé la brèche.

L’installation du burnout : une grossesse et un accouchement difficiles qui m’ont fait peu à peu perdre confiance en moi .

Soyons honnêtes, être enceinte à près de 40 ans, n’est pas la même chose qu’à 25 ou 30 ans. Très fatiguée j’ai eu des nausées et vomissements (#glamour) jusqu’au sixième mois, et avais l’impression que tous les « petits maux » de la grossesse étaient décuplés par rapport à mes précédentes grossesses.  Ajoutons à ça un accouchement très difficile durant plus de 30 heures, avec un bébé en souffrance, la panique, l’épuisement, l’angoisse de ne pas y arriver et vous commencez  sérieusement à douter. N’était-ce pas de la folie ? suis-je vraiment capable d’être à nouveau mère ?  Je commençais peu à peu à douter de mes capacités à gérer ce troisième enfant… Le burnout s’infiltrait doucement…

Équilibre familial ébranlé, fatigue, bébé difficile : quand la vie rêvée devient un cauchemar : Le Burn out prend le dessus.

Derrière les beaux clichés de la maternité, de la jolie tribu réunie, je commençais  à cacher les difficultés auxquelles je devais faire face, certainement par fierté, peut-être par honte aussi de ne pas être à la hauteur. Il faut faire bonne figure, montrer que tout va bien. Cette nouvelle vie, on l’a choisie, hors de question de s’en plaindre… Pourtant c’est difficile : plus rien n’est comme avant, l’équilibre familial s’écroule. On est fatigué, bébé souffre d’un RGO, il pleure beaucoup et ne dort que très peu, la maison  est dans un désordre continuel, on a de moins en moins de temps pour les grands… On ne gère plus que les »urgences », peu à peu, les instants de détente disparaissent. On finit par se demander si tout cela n’était pas que pure folie… Non pas qu’on n’aime pas bébé, on l’adore, mais son arrivée chamboule tellement notre vie. Au bout de quelques semaines, je me sentais complètement dépassée, épuisée, débordée. Je passais mon temps à pleurer ou hurler sur mari et enfants, et surtout je me sentais honteuse : honteuse de ne pas être à la hauteur, honteuse de faire subir cela aux enfants et à mon mari. Les autres y arrivaient, il n’y avait qu’à voir toutes ces mamans sur les réseaux qui semblaient si parfaites et épanouies, sans parler de toutes ces mamans qui m’avaient répété tout au long de ma grossesse : « tu verras, le troisième s’élève tout seul ». J’avais perdu le peu de confiance en moi qu’il me restait. Le burnout avait fait son apparition.

Et pourtant j’ai réussi à refaire surface : être bien entouré, c’est l’essentiel…

Au cœur même du tsunami émotionnel que je vivais, il y a eu ma bouée de sauvetage, mon double, mon mari. Sans lui, sans sa patience, sa gestion de mes « crises », son calme, j’aurais sombré. On était déjà passé par là, de manière moins violente mais les symptômes étaient les mêmes. C’est essentiel d’être accompagnée pour ne pas dire secourue pour sortir de burnout : conjoint, ami, ou même professionnel, peu importe, l’important est de pouvoir compter sur une personne qui saura, non pas vous comprendre, mais vous épauler. Car il y a une chose que j’ai comprise durant cette difficile période,c’est que personne ne peut vraiment comprendre ce que l’on vit. Inutile de tenter de raisonner une maman en burnout, ni même la plaindre, encore moins la secouer. Inutile également de vouloir prendre ses enfants pour la soulager un peu. Me sentir aimée c’est tout ce dont j’avais besoin. Avec le recul, aujourd’hui j’arrive à identifier ce qui m’a aidé : vivre des instants « comme avant »   : des petits moments en tête à tête avec mes grandes (comme avant),  des invitations improvisées d’amis , une virée shopping sans devoir gérer l’heure du biberon, une sortie familiale qui se déroule sans accroc…

Mais cela ne suffit pas : « le lâcher-prise » l’indispensable moyen de s’en sortir.

Le fameux « lâcher-prise », le deuil de la mère parfaite et même de la famille parfaite.  C’est au fil du temps que j’ai appris à relativiser sur mon rôle de mère. Qu’attendait-on de moi ? C’est le regard de la tribu qui a fait le reste. On ne m’aimait parce que la maison était impeccable, encore moins parce que le linge était à jour. On ne m’aimait pas parce que j’étais la mère toujours tirée à 4 épingles, qui pense à tout, tout le temps. On ne m’aimait pas parce que chaque jour je préparais un repas équilibré. On ne m’aimait pas pas parce que j’étais toujours disponible. On m’aimait parce que j’étais moi, Ludivine, la maman imparfaite mais aimante, la femme fatiguée mais qui trouve toujours de petites attentions, la copine pas toujours très disponible mais toujours fidèle. Alors au diable la culpabilité et vive l’imperfection !

Je vais être honnête, la guerre n’est pas totalement gagnée. Il arrive encore que le « monstre » réapparaisse, surtout quand je me sens submergée de choses à faire… Alors je perds  à nouveau un  peu les pédales, pleure, crie, mais… La tribu est là, pour me rappeler à l’ordre gentiment, souvent en se moquant de moi… « Maman, on coupe ! »  Alors je les regarde tous les 4 : Aussi beaux et  imparfaits que moi ! Tantpis pour les noeuds dans les cheveux, la chambre en bazar, ou le frigo vide… .Et si on partait faire une balade ?

Aujourd’hui, il faut le dire, chez nous c’est un joyeux « bordel » ! On court sans arrêt, on est toujours dans l’urgence, on oublie pas mal de choses (Mince, fallait apporter un gâteau à l’école !), on ne fait pas toujours tout comme il faudrait, on fait parfois des dîners pas très équilibrés,  on n’est pas toujours bienveillants, on se couche parfois trop tard, la maison est parfois un peu cracra… Et même que des fois, je ne pense qu’à moi, si si ! Mais on vit ! Et on est heureux, n’est-ce pas l’essentiel ?

Et vous ? avez-vous vécu un burnout ? ou peut-être êtes-vous en plein dedans ? N’hésitez-pas à me raconter vos expériences, ici ou en privé.

The « terrible Two » si terrible ?

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Avant de commencer , je dois vous avouer quelque chose :  malgré mon grade de maman de trois enfants, il y a quelques mois, je ne savais pas ce qu’était le fameux « Terrible 2 ».

Le voyant souvent apparaître en titre d’articles sur la parentalité, je me suis interrogée : que veut dire ce 2 et pourquoi est-il aussi terrible ?  Le deuxième « effet kiss cool » quand tu rentres de la maternité et te retrouve nue devant ton miroir ? le « deuxième enfant » moins sympa que le premier ?  Non, non, non, rien à voir. Il s’agit tout simplement de la crise des 2 ans, que je connais bien… Pourquoi  la nomme-t-on en anglais alors ? Parce que ça fait davantage peur ? « Terrrrrible », franchement c’est à se demander si ton gosse ne va finir par te manger toute crue… Non ?

Bref, si je vous en parle, c’est que ça y est, on y est !

Mister Three, à 21 mois est entré dans cette phase d’opposition et de colère. C’est assez nouveau pour moi car je n’ai pas le souvenir que les grandes soient vraiment passer par cette crise. Soit mes filles étaient d’adorables petits êtres, soit la nature est bien faite,  et a rendu ma mémoire de maman très sélective. Je préfère pencher pour la première option, espérant tout de même oublier très vite celle de Mister Three.

Alors comment cette phase se manifeste-t-elle chez nous ?

Et bien, tout d’abord Mister 3 s’est mis à être bien moins docile. Mon tout petit si adorable et conciliant, commençait à ne plus être d’accord avec nous. « NON » pour le plat proposé, « NON » pour la sieste, « NON » pour mettre les chaussures », « NON » pour aller au bain, en résumé, zéro coopération, et des cris si on ne cède pas ! Mais ce n’est pas le plus pénible, le pire ce sont les colères, celles qui surviennent sans raison apparente, en sortie de sieste, ou même en plein jeu… La moindre contrariété le met dans une colère noire. Jackjack dans les indestructibles 2, vous voyez ?

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Les solutions qui marchent chez nous

Je me suis documentée et ai trouvé des dizaines d’articles sur le sujet proposant diverses solutions. J’ai a peu près tout testé, certaines semblent plus efficaces que d’autres avec Mister Three.  Voici les quatre méthodes qui fonctionnent bien chez nous.

Number 1 : la diversion

Nous sommes plus malins (pour ne pas dire fourbes) que nos terreurs, ne l’oublions pas ! Il veut absolument un gâteau à quelques minutes du déjeuner ? Je lui demande de me trouver un de ses livres favoris pour le lire avec lui. Attiré par cette proposition des plus intéressantes, il cesse immédiatement de pleurer.

Number 2 :  Ne plus utiliser la négation

Je me suis aperçue qu’il m’arrivait d’être à l’origine de certaines crises.  Quand je disais à Mister Three, « non n’ouvre pas ce placard« , il s’empressait de l’ouvrir. Pour braver l’interdit ? Et bien non, tout simplement parce qu’à cet âge il ne comprend pas la négation. Il entendait donc « ouvre ce placard » et ne comprenait pas pourquoi je me fâchais . Depuis que je tourne mes phrases de manière affirmative, j’ai évité bon nombre de crises.

Number 3 : ne pas s’énerver

D’abord ça ne sert à rien (même si ça soulage parfois je le concède) et surtout ça ne calmera pas la crise bien au contraire. J’avoue être parfois sortie de mes gonds, lui criant à mon tour d’arrêter de crier. Idiot non ? Crier pour interdire de le faire. En me mettant à sa hauteur, en lui expliquant calmement notre décision, il finit le plus souvent par se calmer.

Number 4 : la méthode du « Hors jeu » :

Lorsque je n’arrive pas à désamorcer la colère, ni même par un  gros câlin, nous le mettons à l’écart à quelques pas de nous, dans la même pièce, en lui demandant de se calmer seul. Et j’avoue que ça marche assez facilement.

Si j’ai un conseil à donner, quelque soit la méthode, il ne faut pas céder, même si parfois c’est difficile (en particulier en public !)… Ces petits sont malins, s’ils trouvent une brèche, ils s’y engouffreront !

Pour finir sur une note positive, n’oubliez pas non plus qu’à deux ans, on vit des choses merveilleuses avec nos petites terreurs : les nuits complètes, les dents enfin sorties, le langage qui se développe, les repas partagés, les promenades main dans la main, les sorties plus « légères »,  et bientôt la propreté !

Bébé devient autonome, laissons lui tout de même un peu de temps pour apprivoiser tout ça.

Et chez vous Terrible or not ? Comment avez-vous géré cette crise ? A-t-elle duré longtemps ? Racontez-moi !