La rentrée en sixième, récit d’une maman nostalgique

C’était hier…


Je me souviens de l’entrée au CP de mon aînée… La larme a l’œil, je la regardais rejoindre fièrement sa maîtresse et ses petits copains édentés, un cartable plus gros qu’elle sur le dos ? C’était hier, je m’en souviens tellement bien…
Que s’est-il passé ? Suis –je la victime d’une faille temporelle ? En un claquement de doigt je me retrouve devant le grand portail d’un collège, devant lequel se tiennent des centaines d’ados qui me semblent immenses… Mon « bébé », discute tranquillement avec ses copines, toutes vêtues du même T-shirt au logo rouge (à la mode à mon époque, mais en quelle année sommes-nous ?), sac à dos Eastpak, négligemment porté à l’épaule. Elles sont si grandes ! Sa petite main ne serre plus la mienne, un peu stressée de me quitter comme les années précédentes ; elle tient désormais son nouveau téléphone pour montrer à ses copines ses derniers « snap » et « Tiktok ».

On y est… Le grand saut vers l’adolescence !

Le portail s’ouvre, ni une ni deux, ma grande s’engouffre dans le collège avec ses copines. Elle ne m’attend pas. On y est, la sixième, le grand saut vers l’autonomie, l’adolescence ! Je finis par la rejoindre, me mettant en retrait avec les autres parents, histoire de ne pas m’imposer. Elle crie, saute, glousse avec ses deux meilleures copines : « Maman, on est dans la même classe ! » Elle gère ma grande, suis si fière d’elle… Elle repart aussitôt, retrouver d’autres amis.

Parlons-en des amis : je les ai vus grandir depuis leur entrée en maternelle. Le petit blond qui se cachait dans les jupes de sa maman en petite section, est aujourd’hui plus grand que moi, affiche fièrement sa nouvelle coupe de cheveux digne d’un footballeur, la voix commençant à dérailler ; La petite brunette fan de robes à volants et de couettes que je trouvais si craquante, porte désormais un jean slim et un petit top taille XS qui lui donne déjà l’allure d’une jeune femme. Ils ont grandi si vite ! Mais où sont passés tous les autres aux genoux écorchés, moufles pendant des manches, baskets à scratch et morve au nez ? Tous transformés en ados !

On m’avait pourtant prévenue : le temps file…


Les « anciens » m’avaient avertie à la maternité : « tu verras, tu auras à peine le temps de dire ouf qu’elle passera son bac ! » M****, ils avaient raison, ça passe si vite ! Restons positifs : elle ne rentre qu’en sixième, il me reste encore quelques années avant qu’elle ne prenne véritablement son envol, profitons ! Et puis quel bonheur de la voir commencer à «
Le professeur principal rassemble sa classe et invitent les parents à sortir du collège. Ça y est, c’est fait ! J’ai survécu… sans une larme… en tout cas dans l’enceinte du collège 😉Et vous ? Comment avez-vous géré la rentrée en sixième ? au cp ? et même en petite section ?

Burn-out parental, l’apprivoiser pour mieux le gérer

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18 mois qu’il est arrivé sans prévenir… mon burn-out… Dans la façon de le dire, on dirait presque que je m’y suis attachée, et c’est un peu le cas. Il est désormais une partie de moi, de mon histoire et plutôt que de tenter à tout prix de le chasser, j’ai fait le choix de le comprendre pour pouvoir le dompter.  Cela m’a pris du temps,  (et une rechute) mais  j’ai  enfin compris comment j’en étais arrivée là et comment en sortir.  Aujourd’hui, l’envie d’en parler est arrivée pour peut-être aider d’autres parents dans mon cas.

Les prémices du burn-out  : une infiltration en douceur

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte de Mister 3, seule devant le petit bâtonnet affichant les deux barres bleues, je me suis mise à rire et pleurer à la fois. Surprise par la nouvelle, (car on ne l’espérait plus) j’étais à la fois heureuse et paniquée. Un bébé ? A 37 ans ? avec des grandes de 10 et 7 ans ? Quelle folie, quel changement… Mais également quel joli cadeau : vivre encore une fois une grossesse, une naissance. La joie et l’excitation du reste de la famille à cette annonce m’ont poussée à faire abstraction de toutes mes craintes. Réjouissons-nous et pour le reste, on verra plus tard. Le burn-out avait trouvé la brèche.

L’installation du burnout : une grossesse et un accouchement difficiles qui m’ont fait peu à peu perdre confiance en moi .

Soyons honnêtes, être enceinte à près de 40 ans, n’est pas la même chose qu’à 25 ou 30 ans. Très fatiguée j’ai eu des nausées et vomissements (#glamour) jusqu’au sixième mois, et avais l’impression que tous les « petits maux » de la grossesse étaient décuplés par rapport à mes précédentes grossesses.  Ajoutons à ça un accouchement très difficile durant plus de 30 heures, avec un bébé en souffrance, la panique, l’épuisement, l’angoisse de ne pas y arriver et vous commencez  sérieusement à douter. N’était-ce pas de la folie ? suis-je vraiment capable d’être à nouveau mère ?  Je commençais peu à peu à douter de mes capacités à gérer ce troisième enfant… Le burnout s’infiltrait doucement…

Équilibre familial ébranlé, fatigue, bébé difficile : quand la vie rêvée devient un cauchemar : Le Burn out prend le dessus.

Derrière les beaux clichés de la maternité, de la jolie tribu réunie, je commençais  à cacher les difficultés auxquelles je devais faire face, certainement par fierté, peut-être par honte aussi de ne pas être à la hauteur. Il faut faire bonne figure, montrer que tout va bien. Cette nouvelle vie, on l’a choisie, hors de question de s’en plaindre… Pourtant c’est difficile : plus rien n’est comme avant, l’équilibre familial s’écroule. On est fatigué, bébé souffre d’un RGO, il pleure beaucoup et ne dort que très peu, la maison  est dans un désordre continuel, on a de moins en moins de temps pour les grands… On ne gère plus que les »urgences », peu à peu, les instants de détente disparaissent. On finit par se demander si tout cela n’était pas que pure folie… Non pas qu’on n’aime pas bébé, on l’adore, mais son arrivée chamboule tellement notre vie. Au bout de quelques semaines, je me sentais complètement dépassée, épuisée, débordée. Je passais mon temps à pleurer ou hurler sur mari et enfants, et surtout je me sentais honteuse : honteuse de ne pas être à la hauteur, honteuse de faire subir cela aux enfants et à mon mari. Les autres y arrivaient, il n’y avait qu’à voir toutes ces mamans sur les réseaux qui semblaient si parfaites et épanouies, sans parler de toutes ces mamans qui m’avaient répété tout au long de ma grossesse : « tu verras, le troisième s’élève tout seul ». J’avais perdu le peu de confiance en moi qu’il me restait. Le burnout avait fait son apparition.

Et pourtant j’ai réussi à refaire surface : être bien entouré, c’est l’essentiel…

Au cœur même du tsunami émotionnel que je vivais, il y a eu ma bouée de sauvetage, mon double, mon mari. Sans lui, sans sa patience, sa gestion de mes « crises », son calme, j’aurais sombré. On était déjà passé par là, de manière moins violente mais les symptômes étaient les mêmes. C’est essentiel d’être accompagnée pour ne pas dire secourue pour sortir de burnout : conjoint, ami, ou même professionnel, peu importe, l’important est de pouvoir compter sur une personne qui saura, non pas vous comprendre, mais vous épauler. Car il y a une chose que j’ai comprise durant cette difficile période,c’est que personne ne peut vraiment comprendre ce que l’on vit. Inutile de tenter de raisonner une maman en burnout, ni même la plaindre, encore moins la secouer. Inutile également de vouloir prendre ses enfants pour la soulager un peu. Me sentir aimée c’est tout ce dont j’avais besoin. Avec le recul, aujourd’hui j’arrive à identifier ce qui m’a aidé : vivre des instants « comme avant »   : des petits moments en tête à tête avec mes grandes (comme avant),  des invitations improvisées d’amis , une virée shopping sans devoir gérer l’heure du biberon, une sortie familiale qui se déroule sans accroc…

Mais cela ne suffit pas : « le lâcher-prise » l’indispensable moyen de s’en sortir.

Le fameux « lâcher-prise », le deuil de la mère parfaite et même de la famille parfaite.  C’est au fil du temps que j’ai appris à relativiser sur mon rôle de mère. Qu’attendait-on de moi ? C’est le regard de la tribu qui a fait le reste. On ne m’aimait parce que la maison était impeccable, encore moins parce que le linge était à jour. On ne m’aimait pas parce que j’étais la mère toujours tirée à 4 épingles, qui pense à tout, tout le temps. On ne m’aimait pas parce que chaque jour je préparais un repas équilibré. On ne m’aimait pas pas parce que j’étais toujours disponible. On m’aimait parce que j’étais moi, Ludivine, la maman imparfaite mais aimante, la femme fatiguée mais qui trouve toujours de petites attentions, la copine pas toujours très disponible mais toujours fidèle. Alors au diable la culpabilité et vive l’imperfection !

Je vais être honnête, la guerre n’est pas totalement gagnée. Il arrive encore que le « monstre » réapparaisse, surtout quand je me sens submergée de choses à faire… Alors je perds  à nouveau un  peu les pédales, pleure, crie, mais… La tribu est là, pour me rappeler à l’ordre gentiment, souvent en se moquant de moi… « Maman, on coupe ! »  Alors je les regarde tous les 4 : Aussi beaux et  imparfaits que moi ! Tantpis pour les noeuds dans les cheveux, la chambre en bazar, ou le frigo vide… .Et si on partait faire une balade ?

Aujourd’hui, il faut le dire, chez nous c’est un joyeux « bordel » ! On court sans arrêt, on est toujours dans l’urgence, on oublie pas mal de choses (Mince, fallait apporter un gâteau à l’école !), on ne fait pas toujours tout comme il faudrait, on fait parfois des dîners pas très équilibrés,  on n’est pas toujours bienveillants, on se couche parfois trop tard, la maison est parfois un peu cracra… Et même que des fois, je ne pense qu’à moi, si si ! Mais on vit ! Et on est heureux, n’est-ce pas l’essentiel ?

Et vous ? avez-vous vécu un burnout ? ou peut-être êtes-vous en plein dedans ? N’hésitez-pas à me raconter vos expériences, ici ou en privé.