enfant roi

Éducation positive, bienveillance, diversification menée par l’enfant, motricité libre, pédagogie Montessori….  Et si tous ces principes d’apprentissage menaient vers le règne de l’enfant roi ?

2007-2017 : un changement radical de la place de l’enfant

Je suis devenue maman en 2007, j’avais 27 ans, zéro  expérience en matière d’éducation et zéro confiance en moi s’agissant de mon rôle de parent.  J’ai donc fait comme je le sentais, à l’instinct. Je pratiquais le cododo, ne laissait pas pleurer bébé, et tentais de répondre au mieux à ses besoins, m’organisant au maximum pour respecter son rythme. J’étais considérée comme « trop maternante » par la grande majorité de mon entourage. Il faut dire qu’à l’époque, on en était encore à dire que laisser pleurer bébé lui «développait les poumons » ou encore qu’il avait besoin de pleurer le soir pour « se défouler »…

Quelle ne fut pas ma surprise quand, à l’arrivée de mon tardif petit troisième, j’ai découvert à quel point le sujet avait évolué depuis : bienveillance, éducation positive, pédagogie Montessori, motricité libre, DME… Le bien-être de l’enfant était désormais au centre de toute l’attention.  Et j’étais bien décidée à tester ces nouvelles méthodes sur Mister Three.

Quelles sont ces « nouvelles » tendances d’apprentissage et d’éducation ?

Tu ne peux pas  être parent en 2018 sans avoir entendu parler de tous ces termes. En théorie, impossible d’être contre, à moins d’être  la marâtre de Cendrillon.  Il s’agit de méthodes (le plus souvent anciennes mais redevenues tendance) qui ont pour but le respect du rythme de l’enfant : on ne lui impose rien privilégiant l’accompagnement  et l’autonomie dans ses apprentissages.

En quoi consiste exactement ces différentes méthodes  (si jamais tu es perdue comme je l’étais au début) ? Définitions :

  • L’éducation bienveillante prône une éducation positive plutôt que punitive : il s’agit de mieux répondre aux besoins de l’enfant, d’expliquer plutôt que d’ordonner ou de sanctionner, de dialoguer plutôt que de crier. Il ne s’agit pas non plus d’être laxiste, mais de poser des limites sans avoir recours au rapport de force.
  •  La motricité libre consiste au libre mouvement de l’enfant : on laisse l’enfant découvrir chaque étape de la motricité à son rythme : se tourner, s’asseoir seul, se déplacer (sur les fesses, à quatre pattes, en rampant), se relever pour enfin marcher. L’idée est d’éviter de le mettre dans une position dans laquelle il ne saurait se mettre seul et on évite les transat, parc, trotteur, qui peuvent gêner bébé dans ses mouvements.
  • La DME (diversification alimentaire menée par l’enfant)  implique de  donner les aliments en morceaux dès le début de la diversification. Cela permettrait à l’enfant une découverte plus ludique du goût et éviterait les troubles alimentaires.
  • La pédagogie Montessori : inventée par Maria Montessori, elle se base sur l’apprentissage par l’expérimentation, l’autonomie et le libre choix des activités, permettant à l’enfant d’apprendre à son rythme.

En théorie c’est parfait,  mais en pratique ça donne quoi ?

Et bien en pratique, c’est compliqué ! A moins d’être wonderwoman, il ne faut pas se mentir, ce n’est pas 100% applicable ! Je prends mon exemple de maman de trois enfants aux emplois du temps de ministres, travaillant en freelance, dont le mari a un travail très prenant, qui gère maison, papiers et rendez-vous de toutes sortes…  Ma vie peut se résumer en une constante course contre la montre (tu vois le lapin dans Alice aux pays de Merveilles ? c’est moi).

C’est pourquoi dans la « vraie vie » j’ai souvent du faire le deuil de bon nombre de mes  jolis principes !

Certains matins, mes bienveillants « Ma puce pense à te brosser les dents (1 fois), tu devrais aller à te brosser les dents (2 fois), il te reste peu de temps (3 fois),… », se transforment en hurlements  «  tu comprends le français ou pas ? Vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa te brooooooooooooosser les dents  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ».  Côté DME, j’ai rapidement mis de côté, incompatible, avec les agendas des grandes  (à moins de lui laisser une carotte cru à grignoter dans la voiture).  Quant à la motricité libre, j’ai du m’adapter aussi. Je vais être honnête : prendre une douche de plus de 30 secondes, manger chaud de temps en temps sans me demander toutes les 10 secondes où bébé est encore passé, lui permettre de suivre un peu ses sœurs plutôt que de passer mon temps à le déplacer d’une pièce à l’autre pour les rejoindre,  c’était devenu vital ! Alors oui, je l’avoue,  j’ai usé (de manière non abusive tout de même) du transat, parc et trotteur… Faut-il culpabiliser pour autant ? That is the question…

Le bien-être de l’enfant doit-il passé avant celui du reste de la famille ? Ne glisse-t-on pas vers le règne de l’enfant-roi ?

Pour moi, la limite de ces méthodes est bien là. Mettre le bien-être de l’enfant au cœur de la famille, vivre uniquement  au rythme de ses besoins c’est essentiel pour son développement, j’en suis convaincue. Mais n’est-il pas tout autant essentiel qu’il grandisse auprès d’une famille épanouie ? Ces méthodes, difficilement applicable à  100% ont une fâcheuse tendance à culpabiliser les parents.  En quête de perfection, bon nombre de parents mettent la barre trop haut et se sentent responsables en cas d’échec, glissant  parfois vers le burnout parental.  Le parent parfait n’existe que sur les réseaux sociaux !

L’amour, d’abord l’amour !

L’amour voilà ce dont on a tous besoin, que l’on soit enfant ou parent.  Aimer et être aimé. Peu importe de ne pas être des parents parfaits, d’ailleurs vos enfants le sont-ils ? Et souhaitez-vous qu’ils le soient ? Non, j’en suis certaine.  Je pense sincèrement que c’est même plutôt rassurant pour un enfant de voir ses parents avoir des moments de fatigue, de colère, de peine, et autres émotions négatives. Trop de perfection peut entraîner une certaine pression sur les épaules de l’enfant, voire une culpabilité de ne pas être lui-même parfait.

Trouver  le juste équilibre  familial et éducatif

« L’important c’est qu’un enfant puisse toujours dire ce dont il a envie, mais pas toujours le faire » écrivait Françoise Dolto.  Voilà la clé du bonheur familial ! Écoute, dialogue, règles et concessions, quelques soient les méthodes utilisées. Le secret est  de trouver un juste équilibre familial dans le quel chacun s’épanouit, sans pression.   Les émotions négatives sont bénéfiques,  elles nous confrontent à nos peurs, nos faiblesses et nous arment pour affronter le monde. C’est le principe du Ying et du Yang : pas de joie sans peine, pas de sérénité sans colère, pas de patience sans frustration, pas de peur sans assurance, pas de réussite sans échec, etc…

En résumé :   DE-CULPA-BI-LI-SONS  et faisons de notre mieux, c’est le meilleur des exemples à donner à nos chères têtes blondes !  Je peux vous jurer qu’ils ne deviendront pas de dangereux individus déséquilibrés s’ils vous arrivent de leur crier dessus, les punir, ou de les poser dans un parc le temps d’une pause, parole de maman expérimentée !

Et vous ? Appliquez-vous ces méthodes à la maison ? Les avez-vous adaptées ou abandonnées ? Racontez moi, ça m’intéresse !

Et si vous pensez perdre pied, ou être en plein burnout parental, je vous invite à lire mon article sur le sujet, je suis passée par là.

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18 commentaires

  1. Bonjour,

    je suis très contente de lire votre article car je me sens moins seule dans mon raisonnement.
    Je suis devenue maman il y a un an, donc en plein dans cette nouvelle mouvance de parentalité positive…
    Et pourtant, je fais comme je le sens. Selon moi, l’éducation s’adapte à chaque enfant et à chaque famille. Et bien que j’aime mon fils de tout mon cœur, je refuse de mettre nos vie entre parenthèses pour appliquer tous ces concepts.
    Effectivement, quand on a une vie active chargée, c’est bien plus compliqué de suivre les règles de la bienveillance et motricité libre à la lettre.
    Je pense que, comme pour tout, il ne faut pas tomber dans l’exagération et trouver un juste milieu.

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  2. Je suis assez partagé. Je ne pense pas qu’il existe une facon ideal d’elever un enfant, en revanche respecter son enfant et son rythme et son evolution est primordial pour le bien être de la famille entiere.
    On ne sorts jamais au resto sur ses temps de repos le soir, on la couche a heure plus ou moins fixe et c’est super pour tout le monde. Je n’ai qu’une enfant et j’ai eu la chance de passer 2 ans et demi a ses cotes a 100% il est bien plus facile d’etre bienveillant avec un seul enfant plutot qu’une fraterie, et sans la pression du travail. Je travail maintenant a mi temps et la encore on a trouvé un equilibre.
    Ma fille n’est pas un enfant roi, nous sommes une famille heureuse personne n’est laisé car on est aussi bienveillant envers nous même .
    Quoi qu’il arrive je fais de mon mieux et c’est deja pas mal …

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    1. C’est exactement ça ! Le juste équilibre et le respect de chacun c’est ce que j’ai voulu expliqué. Ici nous respectons le rythme de chacun au mieux, mais quelques fois on n’y arrive pas c est comme ça, j’ai arrêté de culpabiliser.

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  3. J’adore cette phrase de Francoise Dolto ! C’est exactement ça. On fonce vers le burn-out si on veut être es parents parfaits avec des enfants qui se comportent comme des anges juste parce qu’on leur explique . La rationalité à 3 ans c’est pas encore ça … Et l’apprentissage de la frustration fait partie de la vie, donc oui ce n’est pas malsain.

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  4. Ce qui me dérange dans tout ça, ce sont les discours et méthodes “extrêmes”, qui font culpabiliser… et on en voit beaucoup sur les réseaux sociaux. Pour moi ils conduisent au burnout parental, un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

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  5. Je pense aussi qu’on ne peut pas être parfait tous les jours et à tous les moments. La bienveillance et tous les concepts dont tu parles sont des valeurs que l’on peut vouloir suivre. C’est le cap que l’on suit. La route. Mais ce n’est pas aussi facile que cela au quotidien. On est humains après tout !

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  6. J’apprécie beaucoup surtout que tu soulignes que l’enfant fait partie d’une famille… Et à mon sens si l’éducation doit être respectueuse envers « l’enfant », elle se doit de l’être aussi envers tous les membres de la famille. Une vraie recherche d’équilibre… Et évidemment on ne raisonne pas de la même façon lorsqu’on a un seul enfant ou plusieurs…

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    1. 😍 oui tu as raison avec un enfant ou trois ce n est pas la même donne. Ici par exemple impossible de priver ma grande de 8 ans de son entraînement de basket, c est donc le petit dernier qui doit décaler sa sieste… en contrepartie, ma basketteuse prends soin de respecter le sommeil de son petit frère en jouant calmement durant sa sieste… le juste équilibre ☺️

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  7. Je suis tout à fait d’accord avec tout ce que tu écris! Oui ces méthodes partent d’un bon sentiment mais elles sont tellement culpabilisantes! Je connais bien ça car j’ai fait moi-même l’amère expérience du burnout. Le parent parfait n’existe pas. Merci de le rappeler!

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  8. En 2010, j’ai fait comme je le sentais. mais comme je sentais pas grand chose et que j’avais toujours l’impression d’être nulle, j’ai ouvert des ouvrages de pédagogie positive. Alors j’ai encore eu plus l’impression d’être nulle…et je dois rattrapé des années de « test » de la pédagogie positive avec ma seconde (qui du coup, se fiche royalement de ce que je lui dit)
    Donc pour numéro 3 : je vais comme je veux, comme je le sens. je le mets dans le parc pour sa sécurité et je câline parce qu’on en a tous les 2 envie. Et vous savez quoi : c’est le plus zen de mes enfants!
    Peut-être que c’est la clé non? savoir écouter leurs besoins et les nôtres (et ensuite on fait une moyenne )

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  9. « En quête de perfection, bon nombre de parents mettent la barre trop haut et se sentent responsables en cas d’échec, glissant parfois vers le burnout parental. Le parent parfait n’existe que sur les réseaux sociaux ! »

    Amen !
    Je crois que ce ne sont pas les éducations bienveillantes, les Montessorri et la bienveillance qui sont culpabilisants, c’est la façon dont les gens les interprètent et en parlent ! Comme dit Charlotte, il s’agit plutôt d’une voie à suivre, mais chacun prend son propre chemin pour la suivre 🙂 (du moins c’est comme ça que je le vois !).

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